Albâtre anglais figurant le meurtre de Thomas Becket

2e moitié XVe s.
43,5 x 28
France - Rouen - Musée départemental des Antiquités
inv. 626 (Achat, Cousin, 1848)
Moyen Âge
Relations politiques et militaires
Demi-relief en albâtre
 
On trouvait des carrières d’albâtres dans le Derbyshire, qui ont donné lieu à la fin du Moyen Âge à une importante production de sculptures religieuses, dont le principal centre était à Nottingham. Ce type de moyen ou haut-relief, très prisé en Normandie et utilisé en général pour décorer les retables, y a été importé en grand nombre. Celui-ci, assez érodé, représente le meurtre de Thomas Becket, chancelier d’Henri II Plantagenêt et archevêque de Canterbury, assassiné en 1170 dans le chœur de son église pour avoir défendu les libertés de l’Eglise contre le roi. 
 
Le meurtre est présenté selon un schéma très classique : Thomas Becket est calmement en train  de dire la messe agenouillé devant l’autel couvert d’une nappe. Sur celui-ci sont posés un calice, une statue de la Vierge à l’Enfant et un missel. A côté un clerc agenouillé tient la mitre et la crosse de l’archevêque de Cantorbéry. Rassemblés derrière lui, en une sorte de demi-cercle menaçant, les quatre chevaliers pointent leurs épées vers sa tête qui devient le centre de la composition.
 
On connaît le conflit qui opposa Thomas Becket au roi d’Angleterre Henri II et qui fut à l’origine de son assassinat en 1170, dans sa cathédrale. Ce meurtre provoqua une vive émotion dans toute l’Europe. Son culte se répandit très rapidement après sa canonisation en 1773, et Cantorbéry devint un grand centre de pèlerinage. Toujours  fidèles à la demande de leur clientèle, les sculpteurs d’albâtre anglais ont représenté fréquemment un saint très populaire en Normandie d’où la famille était originaire. Sur les 148 sanctuaires qui lui sont consacrés, 60 se situent dans la province ecclésiastique de Rouen. Des retables ont été également consacrés à son histoire.
 
Le relief est très usé, sa polychromie a presque totalement disparu. La silhouette de Thomas Becket est émouvante, mais les disproportions, les maladresses dans le traitement des chevaliers, de la Vierge à l’Enfant sont évidentes.
 
 
D’après Laurence Flavigny,
D’Angleterre en Normandie. Sculptures d’albâtre du Moyen Age, Rouen, 1998, p. 126, n° 65.
 

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