Fibules scandinaves

Fonds de la Commission des Antiquités
1871
105 x 75
France - Rouen - Archives départementales de Seine-Maritime
6 Fi 7/20
Moyen Âge
Relations politiques et militaires

Les objets présents sur cette planche, issue d'un registre papier, ont tous été présentés à la Commission départementale des Antiquités lors de la séance du 23 mai 1871.

Conservés au Musée des Antiquités, ils ont été découverts en plusieurs endroits de la Seine-Maritime et de l’Eure entre 1840 et 1871 (Aubermesnil-les-Erables, Caudebec, Pîtres).

 

La fibule scandinave présentée en bas à gauche de la planche est particulièrement intéressante car elle pose le problème des vecteurs de l’influence scandinave en Normandie, suite à l’installation officielle de chefs scandinaves sur des terres franques à partir de 911.

Il s’agit d’une des deux fibules retrouvées en 1865 par un terrassier lors de travaux dans un champ du triège Saint Martin à Pîtres. Elles constituaient sans doute avec d’autres objets, qui malheureusement n’ont pas pu être sauvés, le mobilier funéraire d’une tombe féminine percée par les travaux de terrassement.

La fibule représentée est d’un type assez rare. Assemblage de deux demi-coquilles de bronze, dont une formant comme une petite carapace, cette fibule dite en forme de tortue, décorée de motifs animaliers fantastiques très stylisés est manifestement de style scandinave. Elle était utilisée entre le IXe et le milieu du Xe siècle comme parure féminine au Danemark et dans les régions côtières anglaises où l’influence scandinave était forte.

Le fait qu’une femme ait pu être enterrée avec un tel bijou à Saint Martin près de Pîtres a été interprété comme la preuve d’une installation scandinave dans cette localité proche de la Seine. En effet, la coutume de se faire enterrer avec des objets est passée parmi les Francs car considérée comme païenne, elle subsiste par contre dans certaines régions de Scandinavie.

Le style résolument scandinave d’une partie du mobilier funéraire contribuerait à confirmer l’origine nordique du rituel employé et de la défunte.

A la lumière de l’historiographie récente sur la colonisation scandinave, une autre interprétation est possible : cette femme pourrait avoir été d’origine franque et avoir été enterrée à la mode scandinave pour marquer son appartenance au nouveau groupe dirigeant, issu d’une fusion entre chefs scandinaves et aristocrates francs autour d’une nouvelle identité politique et culturelle franco-scandinave.

 

Pour plus de détails :

Abbé Cochet, Notice sur deux fibules scandinaves trouvées à Pîtres (Eure) en 1965 et entrées au musée de Rouen, Rouen, librairie H.Boissel, 1871.

P. Périn, « Les objets vikings du musée des Antiquités de la Seine-Maritime à Rouen », dans Recueil d'études en hommage à Lucien Musset, Cahier des Annales de Normandie n°23.

 

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